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Fact checking

623 Vues Wahidi R. Moustapha

      Le fact checking ne date pas d'aujourd'hui. En 1923 le Times magazine américain  met en place un groupe de "fact checkeur" pour vérifier le discours politique. L'idée était de vérifier si les faits cadraient avec le discours politique.

 2007, le "truth-o- meter" est instauré avec toujours le discours politique en ligne de mire mais plus pour vérifier si le candidat devenu président remplissait ses promesses électorales. Par analogie nous avons vu le "veritomètre" en France puis tout récemment en Afrique le "Talonmètre" ( Bénin) ou "Mackymètre" au Sénégal.

 

Deux avancées sont à la base de l'accroissement du fact checking. Le développement du web et les technologies liés au mobile et  l'explosion des médias sociaux avec des chiffres ahurissant s ( Facebook : 2,5 milliards d'abonnés; Twitter : 500 millions de tweets par jour; YouTube: 600 000 h de vidéos par jour). Comment éviter la désinformation (la manipulation volontaire de l'info pour protéger des intérêts ou orienter la perception de l'opinion publique) avec ce flux exponentiel d'infos?

 

Le fact checking met face à face les utilisateurs d'internet aux professionnels de l'information ( journalistes, scientifiques...) Si les professionnels font preuves de méthodologie et d'éthique qu'en est il du simple internaute? De cette interrogation découle les enjeux engendrés par le fact checking sur la libre la circulation de l'information. Dans le contexte de loi sur la cybercriminalité, chacun est responsable de ce qu'il écrit ou partage. Il est donc impératif de vérifier les infos que nous partageons pour ne pas tomber sous le coup de la loi.

 

Faire un bon Fact checking passe par la vérification de certains aspects liés à l'information.

- Vérifier la date de publication pour savoir si ce n'est pas déjà du vieux qu'on vous ressert.

-  Verifier la source ( Chef d'État, autorités, personnes de notoriété publique,etc...)  permet de donner une idée du sérieux de la publication ou de l'article. Les journalistes et scientifiques pour la plupart signent de leurs noms.

- Vérifier les fautes d'orthographe et de syntaxe peuvent amener à croire que c'est un bot ou un algorithme de traduction.

- Vérifier si l''information est reprise par d'autres agences de presse et si le contexte est  en rapport avec la zone géographique ?

- Vérifier si les images concordent avec l'environnement. Une plage ne peut en aucun cas illustrer le Niger. Pour encore pousser la recherche sur les images, il y a la recherche inversée d'images. Un procédé récent mis en place par les moteurs de recherche.  vous pouvez utiliser Google image ou @TinEye en copiant l'URL de la photo ou par un glisser déposer pour que le site face la recherche et vous référence tous les endroits où l'image a été publiée et cela jusqu'à la source de la première publication.

Certains médias ayant compris les enjeux font du fact checking se sont spécialisés dans le domaine et apportent une expertise pour éclairer ses lecteurs : @Observateurs @LesDecodeurs et un qui est plus centré sur l'Afrique @AfricaCheck_Fr.

Retenez que l'outil le plus indispensable est notre DISCERNEMENT.il permet de déceler beaucoup de faux sans trop pousser la recherche. Il est du devoir de chacun de rendre la toile saine en ne publiant pas des infos erronées.